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Amin Maalouf
 
Amin Maalouf Académie française

 Est  officiellement reçu à l’Académie française le jeudi 14 juin 2012, un an après son élection le jeudi 23 juin 2011 au premier tour. Le célèbre écrivain occupera le fauteuil n° 29 de Claude Lévi-Strauss.

50 jours à 50%

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Echmoun
Echmoun

Un site phoenicien unique au Liban

Le temple d'Echmoun est situé à moins d'une heure de Beyrouth, à 1 km de Sidon, au bord du fleuve al-Awwali, dans un jardin verdoyant qui a donné son nom à l'endroit, "Boustan ach-Cheikh". Qu'on le visite au printemps, au moment où l'air est chargé des parfums exquis des citronniers où qu'on le visite en automne lorsque les fruits ont atteint leur maturité, Echmoun offre quelque chose de particulier.

Ce complexe religieux dédié au dieu guérisseur Echmoun est l'unique site phénicien du Liban qui conserve encore plus que ses pierres de fondation. Sa construction débuta certes vers la fin du 7ème siècle av. J.-C., mais l'on continua à le restaurer et à lui ajouter de nouvelles structures au cours des siècles suivants. De sorte qu'à côté des éléments datant de l'époque phénicienne proprement dite, de nombreux autres appartiennent aux époques ultérieures, comme la colonnade, les mosaïques et le nymphée d'époque romaine, ou les fondations d'une église byzantine, témoignant de la ferveur dont le site jouissait par delà les divergences des croyances.
La visite du site d'Echmoun peut être programmée en même temps que la visite de Sidon, bien qu'elle mérite d'être effectuée pour elle-même. Le visiteur curieux trouverait en effet de quoi remplir plusieurs heures à explorer cette station d'eau de l’époque phénicienne.

Histoire D'ECHMOUN
D'après la légende, Echmoun aurait été un jeune homme originaire de Beyrouth qui aimait s'adonner aux plaisirs de la chas- se. Un jour, Astronoé (Astarté) tombe amoureuse de lui. Pour échapper à ses avances, le jeune héros se mutile et meurt. Astronoé le ramène alors à la vie où il mène seul son destin divin. il est aussi dit que le village de Qabr Chmoun, près de Beyrouth, conserve jusqu'à nos jours le souvenir de la tombe du dieu.

Connu d'abord comme un dieu guérisseur, Echmoun joua aussi, par sa mort et sa résurrection, le rôle d'une divinité de la fertilité et de la végétation qui meurt et renaît chaque année.
En tant que dieu guérisseur, Echmoun était identifié avec Asklépios-Esculape, le dieu gréco-romain de la médecine et avait, de ce fait, des rapports étroits avec les serpents qui jouaient un rôle important dans ses sanctuaires de Grèce. C'est d'ailleurs de ces rapports que dérive le symbole de l'art médical, encore en usage de nos jours: deux serpents enroulés autour d'un bâton.

Le caducée figure en effet sur une plaque en or trouvée près du temple d'Echmoun. Elle représente la déesse de la Santé, Hygie, et le dieu Echmoun tenant dans la main droite un bâton autour duquel s'enroule un serpent. Des monnaies d'époque romaine émises à Beyrouth montrent de même Echmoun debout entre deux serpents.

Comme chaque cité phénicienne avait ses propres dieux, Echmoun était l'un des dieux les plus en faveur à Sidon. Le site de son temple dût être fixé à cet endroit à cause de la proximité d'une source dont l'eau était indispensable aux bains rituels. Et comme il était d'usage d'offrir au dieu des statues inscrites au nom des personnes venues chercher auprès de lui la guérison, l'on conçoit aisément que de nombreuses statues de ce type aient été découvertes dans le temple. Le fait aussi que la plupart de ces statues représentent des enfants, semble attester qu'Echmoun était considéré comme un spécialiste des maladies infantiles.

Au cours de l'époque perse, entre le 6ème et le 4ème siècles av. J. C., Sidon était la principale ville de Phénicie et se distinguait par l'opulence de ses monarques, la culture de ses élites et le prestige de son industrie. Les Perses tenaient ses rois en grande estime et les comblaient de récompenses pour la participation active de la flotte sidonienne à leur côté au cours des guerres qui les ont opposés aux Égyptiens et aux Grecs. C'est donc au cours de cette époque qu'Echmounazar il, fils de Tabnit I, était monté sur le trône. L'inscription gravée sur son sarcophage qui fut découvert en 1858 et aujourd'hui au Musée du Louvre, nous apprend qu'avec sa mère Amachtart, il avait construit des temples aux dieux de Sidon, dont un au dieu saint "Echmoun à la source de Ydlal, près de la citerne".


Le temple d'Echmoun construit par Echmounazar II et connu depuis par les fouilles de Roustan ach-Cheikh fut détruit vers le milieu du 4ème siècle av. J. C. Et bien qu'il ne fût jamais reconstruit dans son ensemble, on restaura certaines de ses structures, chapelles et piscines. Quant au site lui-même il continua d'être fréquenté jusqu'à la fin du 3ème siècle de notre ère.

Les Fouilles
Durant des siècles, le site du temple d'Echrnoun avait été exploité comme carrière d'où l'on extrayait des pierres prêtes à la construction. Au cours du 17ème siècle, par exemple, l'Emir Fakhreddine II utilisa ses gros blocs pour construire un pont sur le fleuve al-Awwali, dont il ne reste aujourd'hui que les fondations.

En 1900, une mission archéologique ottomane découvre sur le site du temple non encore identifié des inscriptions phéniciennes. Vingt ans plus tard des sondages furent effectués sur le site, et en 1925-1926 les fouilles menées à proximité du fleuve mirent au jour un sol couvert d'une mosaïque d'époque romaine et plusieurs statuettes de marbre de l'époque hellénistique représentant des enfants. Une autre inscription phénicienne portant le nom d'Echmoun fut découverte un peu plus tard près du fleuve.

À quelques kilomètres du site, d'autres inscriptions portant le nom du roi Bodashtart devaient être trouvées. Elles avaient été gravées à l'occasion de l'achèvement d'un important système d'adduction d'eau.
Le terrain fut acquis par l'État vers le milieu des années quarante, mais le site n'allait être fouillé de façon extensive qu'à partir de 1963.

Visite du site
Les vestiges les plus impressionnants du site d'Echmoun sont sans conteste ceux du temple ou mieux du complexe cultuel (nos. 1-9 du plan). L'on peut du reste se faire une idée globale de ce complexe en escaladant l'escalier romain recouvert de mosaïque (13).

L'approche du temple se fait par la voie romaine à portiques (10). À main gauche se trouve un grand chapiteau sculpté de pro- tomes de taureaux (12) daté de l'époque perse. Au cours d'une époque ultérieure, il avait été placé à cet endroit dans un tabernacle construit dans la cour du temple.

La partie la plus ancienne du complexe d'Echmoun est représentée par les vestiges d'un soubassement de forme pyramidale dont il subsiste une courte volée de marches et un mur (1). Ce monument daté du 6ème siècle av. J.-C. appartient à l'époque au cours de laquelle les Cités- États de la Phénicie était sous la domination politique et culturelle de Babylone.

Quant au podium monumental (2), il appartient au temple construit par Echmounazar au cours du 5ème siècle avant l'ère chrétienne et qui fut probable- ment agrandi par le roi Bodashtart dont les inscriptions sont encore visibles sur l'un des blocs de son puissant mur de soutènement.

Un savant système de canalisation (3) amenait l'eau de la source vers toute une série de bassins qui servaient aux ablutions rituelles ou à l'immersion des malades (4,5, 6, 9, Il).

Un autre temple fut ajouté au complexe vers le 3ème siècle av. J. C., dont il subsiste une frise sculptée représentant des scènes de culte, de chasse et de jeux d'enfants (7). Près de l'angle Nord-Ouest de ce temple se trouvent les restes d'un sanctuaire dédié à Astarté datant également de l'époque hellénistique (8). À l'intérieur de cette structure de 11m x 10m se trouve un trône flanqué de deux sphinx et désigné générale- ment comme un "Trône d'Astarté". Ce trône est placé sur un bloc de pierre orné de la gorge égyptienne. Une frise, mal- heureusement très mutilée, sculptée de scènes de chasse, court le long du mur.

Une autre salle couverte de mosaïque et gardée par deux sphinx aujourd'hui acéphales fut ajoutée au complexe à une époque tardive. Une inscription date cette partie de 335 de notre ère.
Au Nord-Ouest du bassin attenant au Trône d' Astarté se trouvent une frise sculptée de 22 mètres de long, représentant des personnages ivres et un autre qui tente de se saisir d'un coq. C'était en effet courant d'offrir des coqs en sacrifice à Echrnoun- Esculape.

Durant l'époque romaine et paléo- chrétienne (64 av.J.-C.-330 ap. J. C.) le site du Temple d'Echmoun et ses eaux miraculeuses continuèrent d'attirer les pèlerins. Le sanctuaire fut à cette époque doté d'une voie processionnelle (13), de bassins d'ablutions et d'un nymphée dont il subsiste de vastes surfaces de mosaïques (15) et des sculptures représentant des Nymphes qui en décoraient les niches.
À gauche en empruntant la voie romaine bordée de portiques et face au complexe du Temple, se trouve une vaste cour dont le sol est couvert des restes d'un pavement de mosaïque représentant les Quatre Saisons (14).

À l'extrémité occidentale du site, se trouvent les fondations d'une basilique byzantine qui marque la dernière période glorieuse du site d'Echmoun (16).

Le site aujourd’hui
Bien qu'il n'existe aucun aménagement touristique particulier sur les lieux mêmes, le site d'Echmoun est à quelques minutes du complexe touristique construit par le Ministère du Tourisme près du Château de la Mer à Sidon. Cet établissement est doté d'un restaurant ouvert de 12:00 à 16:00 et de 19:00 à minuit