Bienvenue au site officiel de l'Ambassade du Liban à Dakar - www.ambaliban.sn – L’Ambassade du Liban vous informe qu’elle a commencé la procédure de la réception des demandes pour les nouveaux passeports (format 2003). -  Lebanon Expo Milano 2015 du er Mai au 31 Octobre à Milan en Italie - www.ambaliban.sn
Amin Maalouf
 
Amin Maalouf Académie française

 Est  officiellement reçu à l’Académie française le jeudi 14 juin 2012, un an après son élection le jeudi 23 juin 2011 au premier tour. Le célèbre écrivain occupera le fauteuil n° 29 de Claude Lévi-Strauss.

50 jours à 50%

L’Ambassadeur du Liban vous annonce que dans l’objectif d’encourager le tourisme au Liban, le Ministère du Tourisme libanais, a déclaré la campagne des « 50 jours à 50% » au Liban allant du 8 janvier au 28 février 2013.

 

lire la suite... 

 

compteur

Affiche le nombre de clics des articles : 521534
Aanjar
Aanjar
Un Site OMAYYADE du Liban

Aanjar, à 58 km de Beyrouth, se présente comme une excellente illustration de ce que pouvait être un grand centre commercial au cours de l'histoire. Située au pied de l'Anti-Liban, à proximité de l'une des principales sources du Litani, elle occupe une place privilégiée sur la carte routière de la Béqa antique et médiévale.
Située au croisement des routes qui mènent de Homs à Tibériade et de Beyrouth à Damas, elle doit sa fortune à la présence d'une abondante source, une ayn, qui jaillit au pied de l'Anti-Liban et qui fut à l'origine de son nom actuel. Celui-ci lui vient en effet de Aïn Gerrha, signifiant "la source de Gerrha", une cité antique fondée à cet endroit par les Arabes lturéens durant l'époque hellénistique et baptisée Chalcis du Liban.

Malgré sa situation particulièrement privilégiée, Aanjar diffère notablement des autres sites archéologiques du Liban. Car, contrairement à Tyr ou Sidon, Beyrouth ou Byblos, Tripoli ou Baalbek qui témoignent d'une extraordinaire superposition de cultures et d'époques et qui peuvent parfois se prévaloir d'une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos jours, Aanjar paraît n'avoir été qu'un établissement éphémère qui n'a vécu que quelques décennies, au début du Sème siècle de notre ère.
En effet, excepté la mosquée de Baalbek qui date sensiblement de la même période, Aanjar est l'unique site du Liban datant de l'époque omeyyade, l'une des plus prestigieuses de l'histoire arabe.

HISTOIRE
La dynastie des Omeyyades, première dynastie héréditaire de l'Islam, régna entre 660 et 750 de l'ère chrétienne. Sous l'impulsion de ses grands califes, les frontières de l'empire islamique s'étaient étendues de la Vallée de l'Indus à l'est au sud de la France à l'ouest.
Mais bien qu'ils eurent à gouverner un empire aux cultures et aux traditions aussi multiples que diverses, les califes omeyyades demeurèrent étroitement liés aux tribus bédouines qui leur avaient assuré la mainmise sur ces vastes territoires. Aussi n'hésitaient-ils pas à quitter leur capitale, Damas, particulièrement au printemps, pour passer quelque temps en bordure du désert de Syrie, s'adonnant avec ces tribus à la chasse ou se plaisant à écouter leurs poètes ou leurs conteurs.

Bientôt, les califes commencèrent à prendre l'habitude de séjourner à l'orée du désert dans des résidences fixes qui étaient à la fois des pavillons de chasse et de villégiature mais encore des forteresses, des centres d'exploitation agricole, de rayonnement et de diffusion d'un modèle de vie urbain susceptible d'attirer les bédouins vers la sédentarisation. C'est dans le cadre de cette politique qu'il con- vient de comprendre l'ambiance dans laquelle Aanjar a vu le jour.
Aanjar fut construite par le calife al- Walîd I ibn 'Abd al-Malik (705-715), à environ 1km au Sud-Ouest de' AyIi Gerrha. Pour réaliser son projet, le calife eut recours à des architectes, des artisans et des décorateurs byzantins ou syriens imbus de traditions antiques. Les pierres nécessaires à la construction furent extraites des carrières voisines et de nombreux éléments architectoniques, colonnes, bases ou chapiteaux, furent' arrachés à des édifices romains ou byzantins trouvés dans les environs du site, vraisemblablement à l'emplacement de l'antique Gerrha Chalcis.

Aanjar survécut tant bien que mal à son fondateur. En 744, elle fut détruite par Marwan II après sa victoire sur Ibrahim, fils d'A1-Walid, dans une bataille pour le pouvoir qui eut lieu à proximité du site. La ville abandonnée commença à péricliter de façon inexorable jusqu'au XIVème siècle où elle n'était plus qu'un champ de ruines considérables au milieu de grandes étendues de marécages. C'est en tout cas dans cet état de désolation que le site se présentait en 1943, au lendemain de l'indépendance du Liban, lorsque le Département des Antiquités du Liban entreprit de l'explorer.
Bien que fouillé et partiellement restauré depuis le début des années cinquante, le site de Aanjar continue de poser de nombreux problèmes, particulièrement au sujet de sa relation avec l'antique Gerhha Chalcis. Toujours est-il que la ville ne paraît pas avoir été totalement achevée: c'est du reste ce que semble prouver les structures oui constituent les fondements du troisième palais ainsi que les grands espaces vides à l'Est du Grand Palais et dans la partie Nord du site. À moins de considérer que ces espaces ont constitué un immense espace vert à l'intérieur de la ville.

Visite du Site
De plan rectangulaire, la ville est entourée d'une enceinte de 370m de long sur 310m de large (9) cantonnée de 36 tours semi-circulaires disposées contre la paroi extérieure et de quatre tours circulaires aux angles. L'enceinte, haute d'un peu plus de sept mètres et épaisse de deux, est construite de pierres calcaires formant les parements intérieur et extérieur, comblés d'un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier.

La face extérieure de ses murs est parsemée de près de 60 graffitis datant de l'époque omeyyade. L'un d'entre eux est daté de 123 de l'Hégire, soit de 741 de l'ère chrétienne.

Quant aux bâtiments qui s'élèvent à l'intérieur de la ville, ils ont été construits selon un usage répandu à l'époque byzantine et qui consiste à faire alterner des assises de pierres avec des assises de briques. Ce mode de construction, léger, rapide et économique, dérive d'une vieille technique de construction destinée à donner à l’édifice la souplesse nécessaire pour affronter les tremblements de terre.

Orientés vers les quatre points cardinaux, les murs de l'enceinte sont percés de quatre portes bordées chacune de deux demi-tours. Deux voies orientées Nord-Sud (6) et Est-ouest (7) partent des portes et divisent l'espace intérieur en quatre quartiers, à la manière d'un camp romain et se rejoignent à angle droit au milieu du site sous un gigantesque tétrapyle dont les éléments ont été empruntés à un édifice antique (8). Ces deux voies sont bordées de 600 boutiques s'ouvrant sous des portiques -ce qui confirme le rôle économique dévolu à la ville et leur axe recèle un ingénieux réseau d'égouts, cantonné de collecteurs et de regards, qui draine les eaux usagées hors des murs de la ville.

Parmi les installations importantes de Aanjar, le quartier Sud-est comprend le Grand Palais (I) et la mosquée (2) ; le quartier Sud-Ouest, les habitations (5) ; le quartier Nord-Est, un Petit Palais (3), situé en face de la mosquée, et un hammâm, ou bain, près de la porte Nord de la ville (4) ; le quartier Nord-Ouest,un petit hammâm et une structure non encore identifiée Qui pourrait correspondre aux fondements d'un troisième palais. Les trois Palais adoptent sensiblement le même plan. Chaque édifice est composé de quatre bâtiments disposés à l'intérieur d'une même enceinte autour d'une cour intérieure. Celle-ci dessert la salle de réception à trois nefs et à abside centrale et donne accès aux appartements du prince.

La mosquée attenant au Grand Palais est de dimensions moyennes, l0m de profondeur sur 20m de largeur. Son long côté Sud longe le Grand Palais et comprend une abside, le mihrâb, qui indique la direction de la Mecque. Elle se compose d'une cour à ciel ouvert contenant un puits destiné à alimenter un bassin d'ablutions et d'une salle de prière à deux travées. L'entrée principale de l'édifice est située au milieu du mur Nord de la cour et donne sur la grande voie Est-ouest, tandis qu'une entrée secondaire donne sur le souk, ou marché, situé à la croisée des deux voies.
Quant aux habitations du quartier Sud-Ouest, elles sont réparties en plusieurs blocs séparés par des ruelles qui se coupent à angle droit. Chaque bloc est constitué de deux, quatre ou six maisons qui adoptent sensiblement le même plan: une cour à ciel ouvert autour de laquelle sont disposées les pièces.
Tout près de la porte Nord se trouve le hammâm (4), une installation de bains publics dont la disposition rappelle le plan des thermes romains ou byzantins. Le bâtiment s'ouvre à l'Ouest, derrière les portiques de la Grande Voie Nord-Sud, et se compose d'une salle d'attente ou vestiaire dont le toit était constitué d'une coupole reposant SUI" quatre piliers, suivie d'une salle froide, d'une salle tiède et enfin d'une salle chaude construite sur des hypocaustes.

AANJAR AUJOURD'HUI
Le site est ouvert tous les jours aux visiteurs.
Près des ruines on trouve bon nombre de restaurants offrant truites et spécialités libanaises et arméniennes.
Il n'y a pas d'hôtels à Aanjar étant donnée la proximité de Chtaura qui n'en est éloignée que de 15 kilomètres.

Si vous avez le temps... Visitez:
La source qui a donné son nom au site, à 3 kilomètres au Nord-Est des ruines.
Le temple romain de Majdal Aanjar construit à 1 kilomètre à l'Ouest des ruines au sommet d'une colline.
Le Mausolée d'el-Wali Zaour, sépulture d'un saint personnage auprès de laquelle des rites de fécondité étaient pratiqués jusqu'à une date tt ès récente.
Le temple romain et la petite grotte ornée de stalactites et de stalagmites de Kfar-Zabab