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Amin Maalouf
 
Amin Maalouf Académie française

 Est  officiellement reçu à l’Académie française le jeudi 14 juin 2012, un an après son élection le jeudi 23 juin 2011 au premier tour. Le célèbre écrivain occupera le fauteuil n° 29 de Claude Lévi-Strauss.

50 jours à 50%

L’Ambassadeur du Liban vous annonce que dans l’objectif d’encourager le tourisme au Liban, le Ministère du Tourisme libanais, a déclaré la campagne des « 50 jours à 50% » au Liban allant du 8 janvier au 28 février 2013.

 

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Journée de Réflexion sur la Diversité des Démocraties -UCAD II – Dakar ( le 8/12/2011)

Le jeudi 8 décembre 2011, le Groupe des Amis de la Francophonie (GAF) a organisé une « Journée de réflexion sur la diversité des démocraties » à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Cette journée a eu pour objectif de partager les expériences des pays démocratiques ou des pays en train de se démocratiser.

Dans un amphithéâtre qui a groupé « un aréopage, d’éminents participants », soit plus de mille cinq cents personnes, ambassadeurs, parlementaires, professeurs, chercheurs universitaires et étudiants, les réflexions ont débouché sur des perspectives renouvelées et opérationnelles grâce à la participation d’experts de haut niveau venus de huit pays : Sénégal, Burkina Faso, Canada, France, Guinée, Liban, Suisse, Tunisie.

La participation active de l’Ambassadeur du Liban SEM. Michel Haddad, Doyen du Corps diplomatique du Sénégal et vice-président du GAF, concrétise l’apport du Liban à la recherche comparative.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les propos de circonstance prononcés par Son Excellence Mme Muriel Berset Kohen, Ambassadeur de Suisse au Sénégal et Présidente du GAF, M. Emile Tanawa, Directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de l’AUF, M. Saliou Ndiaye, Recteur de l’UCAD et par Son Excellence M. Mamadou Seck, Président de l’Assemblée nationale du Sénégal.

Après les propos d’ouverture, quatre panels sur des thèmes axés principalement sur la démocratie ont ponctué la journée :

1-Le premier panel intitulé « Qu’est ce que la démocratie? » a été animé par le Pr. Mamoussé Diagne, agrégé de philosophie et professeur à l’UCAD (Sénégal).

2-Le deuxième panel sur les « Sociétés multiculturelles : Quelle place pour les communautés dans la démocratie ? » a été co-animé par le Pr. Christian Bouquet, vice-président délégué aux relations internationales de l’Université Bordeaux 3 (France) et le Pr. Antoine Messara, Membre du Conseil constitutionnel (Liban).

3-Le troisième panel portant sur « La démocratie dans un État fédéral : Quelles connexions entre le citoyen et l’État » a été co-animé par le Dr. Nicolas Schmitt, Institut du Fédéralisme de Fribourg (Suisse) et le Pr. Hugo Cyr, Université de Québec à Montréal (Canada).

4-Et enfin le quatrième panel sur « La démocratisation : Quels chemins vers la démocratie? » a été co-animé par le Pr. Djibril Tamsir Niane, Faculté des Sciences sociales de Conakry (Guinée) et le Pr. Mohammed Chafik Sarsar, Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis (Tunisie).

Chaque panel a été suivi de débats entre les participants et les experts.

A propos du GAF :

Le groupe des amis de la Francophonie (GAF) a été fondé en 2008, il est composé des ambassadeurs des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie, des pays amis et des organisations de la francophonie présentes à Dakar, tel que laCONFEMEN, la CONFEJES et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Cette année, le GAF est présidé par son Excellence Mme Muriel Berset Kohen, Ambassadeur de Suisse au Sénégal.

 

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Journée francophone à Dakar

La démocratie entre universalité et diversité

Par Professeur Antoine Messarra

Membre du Conseil Constitutionnel au Liban

Universalité ou diversité des démocraties ? La question concerne au plus haut point des sociétés plurielles et des démocraties émergentes ou en transition, autant de cas souvent victimes de l’idéologie dominante de l’Etat nation et de modèles occidentalo-centristes en vogue des régimes politiques.

Dans un amphithéâtre qui a groupé « un aréopage, d’éminents participants », soit plus de mille personnes, ambassadeurs, parlementaires universitaires et étudiants, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD II), la « Journée de réflexion sur la diversité des démocraties », organisée le 8 décembre 2011 par le Groupe des amis de la francophonie à Dakar (GAF), débouche sur des perspectives renouvelées et opérationnelles grâce à la participation de spécialistes de huit pays : Sénégal, Burkina Faso, Canada, France, Guinée, Liban, Suisse, Tunisie.

La participation active de l’ambassadeur du Liban au Sénégal, M. Michel Haddad, doyen du Corps diplomatique du Sénégal et vice-président du GAF, concrétise l’apport du Liban à la recherche comparative.

L’ambassadeur de Suisse au Sénégal et présidente du GAF, Muriel Berset Kohen, détermine les objectifs : « Promouvoir la diversité, incarner dans les faits le caractère indissociable de la démocratie et de la francophonie, et partir de la considération qu’il n’y a pas un mode unique d’organisation ».

Il ressort des communications et des débats l’insistance sur l’universalité des principes fondamentaux de la démocratie, la diversité des aménagements, ainsi que des perspectives de recherche et d’action.

1. Universalité des principes : Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Mamadou Seck, relève : « A force de lui acculer des adjectifs, populaire, libérale, majoritaire…, la démocratie est devenue à contenu variable. Que peut apporter la francophonie à la démocratie ? L’aspiration à la liberté qui n’est pas un résidu du développement, la vigilance citoyenne et une position en première ligne. » Quand on cite la phrase de Rousseau dans le Contrat social : « Mieux vaut une liberté dangereuse qu’une servitude tranquille », c’est pour relever des principes fondateurs et l’aspiration universelle à la liberté (Mamoussé Diagne, Sénégal).

On souligne cependant que le  thème de la diversité des démocraties ne peut être appréhendé aujourd’hui qu’avec la plus grande prudence. En effet sous le couvert de la diversité, des idéologues, des académiques, des politiques, de bonne foi ou de mauvaise foi, tentent de justifier et même de légitimer des violations de droits fondamentaux en se prévalant de spécificités culturelles. Cette tendance est d’autant plus favorisée qu’un relativisme valoriel se répand aujourd’hui dans le monde par crainte du dogmatisme ou par conformisme intellectuel ou mercantile. L’universalité des droits de l’homme se trouve aujourd’hui menacée à défaut de distinction entre l’universalité des principes fondamentaux et la particularité des aménagements.

L’universalité des principes est le fruit de l’expérience historique de l’humanité, des acquis de la civilisation, du consensus international concrétisé par la Déclaration universelle des droits de l’homme et les conventions internationales, les jurisprudences constitutionnelles internationales et aussi le commerce des juges à un niveau supranational.

Les quatre principales composantes de la démocratie, lesquelles se subdivisent en sous-catégories, sont : des élections libres et équitables ; un gouvernement transparent et responsable devant le Parlement ; des droits civils, politiques et socio-économiques ; et une société civile active.

Ce sont surtout les jeunes qui « vivent aujourd’hui dans la douleur l’apprentissage de la démocratie, où les modes d’expression ne sont pas ceux souhaités, avec une mainmise des politiques sur l’université » (Raogo Antoine Sawadogo, président de l’Association Labo citoyenneté). Il faudra d’autant plus réaffirmer l’universalité des principes « à un âge où les affirmations identitaires sont de plus en plus fortes » (Saliou Ndiaye, recteur de l’UCAD).

2. Particularité des aménagements : Il ressort de la Journée que les aménagements pratiques de la démocratie sont variables, plongés dans la spécificité qui doit demeurer en conformité avec les principes fondamentaux. Les raisons des spécificités ne relèvent pas de particularismes qu’on qualifie le plus souvent, dans un usage galvaudé, de « culturels », mais de l’exigence d’effectivité du droit. En effet l’effectivité, c’est-à-dire la mise en application du droit,  est tributaire d’autres facteurs que du droit, dont la culture dominante en société, les traditions, le plus souvent les moyens administratifs et financiers, et les conjonctures qui impliquent des exigences de nécessité et d’ordre public.

Les politiques de pactes et d’accommodement, les variantes du fédéralisme territorial et personnel, les structures de légitimation et de reconnaissance de la diversité, les pratiques de l’alternance… sont analysées. « La main tendue, souligne-t-on, exclut le coup de poing » On ne peut dire à une personne : « Aime-moi, sinon ! ». Ou bien : « Ce que lécher ne peut donner, mordre ne le donne pas … ». Le fédéralisme est qualifié de « mode de conciliation des appartenances et identités multiples », d’où sa force et sa flexibilité (Hugo Cyr, Canada).

Le pluralisme religieux et culturels « n’est pas une damnation », quand la culture politique dominante et la mémoire collective et partagée favorisent « la sagesse et l’espoir : Pour créer l’unité, on a insisté sur la diversité. Ensemble nous défendons le droit d’être différent, avec l’adoption d’institutions en adéquation avec nos réalités et nos expériences » (Nicolas Schmidt, Institut du fédéralisme, Suisse). Les expériences de la Guinée et de la Tunisie permettent de tracer des chemins vers la démocratie en conformité avec les principes universels (Djibril Tamsir Niane, Guinée ; et Mohammed Chafic Sarsar, Tunisie).

L’alternance, les coalitions gouvernementales, les variantes du fédéralisme territorial ou personnel, les quotas de représentation ou la discrimination positive… apportent la preuve que les régimes politiques se classifient aujourd’hui d’après les modalités d’application du principe majoritaire, et non en contradiction avec ce principe.

3. Que faire ? On peut relever des communications et débats quatre perspectives de recherche et d’action.

a. L’acculturation du droit : L’enseignement universitaire dans nombre de pays, notamment en Afrique, devrait s’élargir aux recherches comparatives internationales, surtout depuis les années 1970, concernant les systèmes qui associent des processus à la fois compétitifs et coopératifs en vue de la gestion démocratique du pluralisme. Il faudrait un processus d’acculturation du droit souvent importé ou emprunté de l’extérieur. L’université est là dans son rôle en tant que « creuset de réflexion d’avant-garde, pour la promotion des valeurs de justice, l’appropriation du caractère universel de la démocratie à l’encontre de logiques jacobines, la réhabilitation des cultures endogènes au lieu de les écraser, et l’efficience de nos démocraties » (Saliou Ndiaye, recteur de l’UCAD, Sénégal).

b. Engagement citoyen : Nombre de démocraties dites consolidées sont aujourd’hui menacées à défaut d’engagement et de vigilance d’une nouvelle génération qui n’a pas vécu le combat démocratique et qui, aujourd’hui, grogne et rouspète pour réclamer des droits perçus comme des produits de consommation et prestations dans un supermarché ou hôtel haut standing. Paul Valéry écrit : « Le pouvoir sans l’abus manque de charme. » C’est dire que la démocratie n’est pas un régime, mais plutôt un ensemble de processus de participation, d’engagement et de contrôle du pouvoir. S’il y a des motifs de plainte contre des abus, dérives et maladies de la démocratie, le remède est encore par la démocratie.   

c. Liberté, égalité… et aussi fraternité : On oublie souvent que liberté et égalité, deux fondements de la démocratie, sont antinomiques. La liberté, par essence, produit des inégalités. Aussi c’est la fraternité, souvent marginalisée dans les recherches sur la démocratie et l’éducation à la démocratie, qui doit assurer le rééquilibrage et l’harmonie.

d. Universalité, effectivité et bonne gouvernance : Des régimes de gestion démocratique du pluralisme religieux et culturels, aujourd’hui propagés dans plus de quarante régimes politiques et qu’on appelait autrefois sui generis, cas particuliers (Suisse, Pays Bas, Autriche, Luxembourg, Liban, Afrique du Sud, Inde, Irlande du Nord, Iles Maurice, Iles Fidji…) ne sont pas des expédients hors-la-loi d’après une perception dominante chez des intellectuels et académiques. Ces régimes adoptent des aménagements dont la conformité aux principes fondamentaux de la démocratie doit faire l’objet de recherches renouvelées et d’actions militantes en vue de la bonne gouvernance et l’effectivité.